Pays empreint d’une histoire coloniale forte, la Nouvelle-Zélande (ou Aotearoa) cherche désormais à fournir des réparations face aux dommages matériels et culturels causés au peuple māori lors de la colonisation. Cela passe notamment par les universités, qui multiplient les initiatives pour valoriser la culture māorie et permettre une meilleure intégration des étudiants māoris ; exemple avec Auckland University of Technology (AUT) !

L’intégration dans le fonctionnement de l’université
Pour refléter la cohabitation de plusieurs cultures, les universités néo-zélandaises ont toutes décidé d’adopter deux noms ; un anglophone, et un autre en langue māorie. Par exemple, AUT s’appelle également Te Wānanga Aronui o Tāmaki Makau Rau. Au sein de l’université, la plupart des facultés et départements ont aussi un nom māori. Par exemple, la faculté de design et technologies créatives s’appelle Te Ara Auaha (qui se traduit par The Creative Way en anglais). Il en va de même pour beaucoup de départements administratifs ; AUT inscrit le bilinguisme dans l’identité-même de l’université.
Au-delà de la nomenclature et des symboles, l’université compte aussi de nombreux dispositifs d’accompagnement pour les étudiants māoris, comme des bourses ou des programmes pour les accompagner vers la recherche (où ils sont historiquement sous-représentés). L’université a également pour mission de diminuer les inégalités qui persistent à ce jour entre les Néo-Zélandais māoris et ceux d’ascendance européenne.

La valorisation des savoirs et des arts autochtones
Au-delà de l’intégration des étudiants māoris et de leur langue, les universités ont aussi pour rôle d’enseigner les savoirs autochtones, qui ont longtemps été considérés comme inférieurs à la science occidentale. Ces savoirs traditionnels, appelés Mātauranga, sont maintenant reconnus comme égaux et complémentaires aux savoirs occidentaux et enseignés dans les universités néo-zélandaises. À AUT, tous les étudiants inscrits en Bachelor of Science (l’un des programmes les plus populaires) suivront au minimum deux cours sur les savoirs traditionnels māoris durant leur cursus. Ces savoirs sont considérés par AUT comme indispensables, car ils apportent une dimension que les savoirs occidentaux modernes n’ont pas : l’autochtonie, et donc un rapport à l’environnement qui n’est pas dicté par la croissance.
Cette valorisation dépasse le champ de la science : tout étudiant, quel que soit son programme, peut prendre des cours sur la culture, l’histoire ou les arts māoris. Chaque étudiant peut également suivre des cours de langue Te Reo Māori. C’est également le cas pour les étudiants “visiteurs” qui passeraient un ou deux semestres à AUT : ils sont d’ailleurs invités à le faire !

La promotion de la culture māorie
En dehors des cours, la culture māorie anime également la vie étudiante de l’université. À chaque début de semestre, AUT organise un Pōwhiri, soit une cérémonie d’accueil traditionnelle. Celle-ci se déroule au marae, cœur de la vie communautaire māorie. Un moment fort où les nouveaux étudiants (manuhiri), dont les internationaux, sont accueillis par les hôtes (tangata whenua) dans leur nouveau pays !
Ainsi, l’intégration de la culture māorie a aussi un but de partage, de connaissance mutuelle et de découverte. Tous les étudiants, qu’ils soient Néo-Zélandais ou étrangers, installés durablement ou de passage, sont invités à découvrir cette culture et à intégrer ses enseignements dans son apprentissage, et certaines de ses coutumes dans ses habitudes. Une leçon de vivre ensemble !



